[Coup de gueule] De la connardise industrielle, ou l’art de vomir sur les bonnes pratiques

Introduction

Depuis quelques années, on assiste massivement à des soit-disant innovations technologiques, présentées majoritairement à coup de bullshit marketing “c’est super cool”, et applaudies par tous les pseudo-geeks (médias, blogueurs fanboys, auteurs de commentaires sur divers articles), alors qu’il s’agit en fait de véritables régressions techniques, consistant à remplacer des technos qui fonctionnent bien par des technos moins efficaces voire carrément absurdes.

L’une des régression les plus connues, c’est le passage des claviers coulissant type Nokia N900, au 100% touchscreen, dont la particularité est d’être anti-ergonomique au possible et parfaites sources d’emmerdes en cas  de plantage de l’OS… mais pourtant si cher au fabricant des ordiphones (n’ayant rien d’intelligents).

Une histoire de régression technique à des fins marketing

Avant, on avait des téléphones avec un clavier physique, et une grosse touche physique pour démarrer, et pour éteindre les téléphones, depuis le 100% tactile, démocratisé suite à l’arrivée de cr-apple sur le marché des ordiphones, il y a juste un bouton poussoir très fragile et microscopique (donc cher et difficile à remplacer, soudure de composants montés en surface oblige… ) pour allumer le téléphone, le mettre en veille et ouvrir le menu d’extinction (éteindre/redémarrer)… donc si le système plante totalement, on peut forcer l’extinction, puisque la commande physique est totalement remplacée par du tout tactile, et gérée uniquement par l’OS, qui peut plus rien faire quand il freeze méchamment… c’est malin !

Alors que le bon sens voudrait qu’il y a les deux, l’extinction gérée au niveau du système pour l’éteindre proprement, et une commande d’extinction de secours purement analogique (coupure de courant via un switch) en cas de plantage méchant… parce que si l’OS ne répond plus, on est pas à une coupure de courant près, même si c’est un peu sale… et étant donné qu’aucun OS (et encore moins moins mobile) n’est parfait, autant prévoir des solutions de secours…
Vous me direz, on peut retirer la batterie, et ne pas avoir des coûts de fabrication supplémentaires dûs à la commande d’extinction de secours sauf que

  • Les fabricants d’ordiphones (d’ordinateurs, et autres matériels électroniques assemblés) achètent des composants en masse et ont des méga-réductions dessus, un proco ARM récent coûte 10€ à l’unité pou un fabricant d’ordiphone qui en achète en masse… en tant que particulier, 10€ c’est ce que m’ont couté 2 circuits intégrés L293D (pont en H pour contrôler 2 moteurs DC ou un moteur pas-à-pas/CI avec une Arduino ou un RPi… )
  • Une telle fonctionnalité ne coûterait quasiment rien aux fabricants, certains SoC, type Olimex Lime1, pourtant bien moins chères qu’un ordiphones, sont équipés de boutons pour forcer un redémarrage ou une extinction en cas de force majeure… il y a absolument rien qui empêche techniquement d’implémenter ce type de fonctionnalités sur ordiphone
  • Les fabricants vendent souvent le matériel à prix indécent et font des profits suffisamment énormes pour rendre complètement risible l’argument de réduction de coûts
  • Devoir enlever la batterie, au lieu d’avoir un switch, ça s’appelle un problème de conception

Le pire, c’est que enlever la batterie est un luxe qui devient de plus en plus rare, encore une envie débile d’imiter les saloperies de cr-apple, beaucoup de fabricants se mettent aux batteries inamovibles.
En ce moment j’utilise un BQ Aquaris E5 Ubuntu Edition, dont la batterie ne s’enlève pas, bien qu’il n’a planté méchamment que deux fois en plusieurs mois, donc probablement moins que Winbuntu Desktop Edition, c’est quand même bien emmerdant, parce que à chaque fois, je n’ai d’autres choix que le laisser de côté jusqu’à épuisement de la batterie, puisque c’est le seul moyen de forcer l’extinction.

Aujourd’hui en allant à la médiathèque, quelques minutes avant d’arriver, Ubuntu Touch (1) plante totalement (aucune commande ne répond, depuis quelques heures) suite à la fin d’un appel (avec 2 ou 3 outils en tache de fond pendant l’appel)… or je vais à la médiathèque pour avoir un endroit calme où bosser sur mon laptop, et la seule connexion Internet à la quelle j’ai accès en dehors de chez moi, c’est mon accès 3G, avec l’ordiphone comme AP, je d’active que quand je l’utilise, c’est con pour moi, je me retrouve sans aucun accès Internet, puisque tout mon système est planté…

J’ai bien deux trois astuces pour dépanner…

Maintenant que j’ai fait un déplacement jusqu’à la médiathèque, à pieds, alors que c’est pas à coté de chez moi, j’ai plutôt intérêt à trouver une solution et vite, pour pouvoir faire ce que j’ai à faire, qui nécessite un accès Internet… sinon je me serai déplacé pour rien. Oh wait, j’ai encore mon ZTE Open C sous Firefox OS que j’ai rechargé hier et que j’ai sur moi… suffit de retirer la carte SIM du Ubuntu Phone, et d’utiliser l’Open C comme point d’accès…

Sauf que voilà, étant donné que l’Aquaris E5 ne s’ouvre pas, la carte SIM ne s’insère pas à coté de la batterie mais dans un boitier dédié, situé sur le coté, qui ne s’ouvre avec sa “clé” (exactement comme un iToy) et bien sur j’ai laissé dans la boite de l’ordiphone, donc chez moi… Je sais bien que j’ai rien dans mon sac qui peut remplacer la clé, mais je tente de chercher quand même (peut-être que l’attache-câble de mes écouteurs y traine au fond ou une connerie du genre… ), je prends donc mon sac pour commencer à chercher et soudainement le deuxième moi-même hébergé dans mon cerveau me lance un “eh gars! t’es con… t’as 3 pins sur ton sac à dos!”, du coup je l’écoute et je tente… génial, le compartiment SIM de mon Aquaris E5 s’ouvre facilement avec l’aiguille qui sert à maintenir le pin \o/
Sauf que le BQ Aquaris E5 utilise une Micro-SIM, alors l’Open C utilise une SIM, et j’ai laissé l’adaptateur Micro-SIM -> SIM de la carte de mon opérateur dans la boite du Aquaris E5… Putain de course à la miniaturisation qui ne sert qu’à créer le bordel dans les standards !
Mais méga-coup de chance, j’ai gardé la Micro-SIM et son adaptateur SIM du Chaos Communication Camp 2015 (2) entre mobiles dans mon porte-feuille, du coup j’essaie de passer la Micro-SIM de mon opérateur dans l’adaptateur… Je réussi enfin à avoir une SIM prête à être utilisée mon ZTE Open C après avoir un peu galérer à mettre la Micro-SIM dans l’adaptateur SIM du CCCamp2015, car la Micro-SIM de mon opérateur est un peu plus grosse que celle du CCCamp, ça se joue à moins d’un millimètre mais suffisant pour rendre l’emboîtement un peu chiant…
Bref, sans la conception matérielle de merde (100% tactile, batterie inamovible… ) qui semble devenir un standard de fait et qui rend le forcing du reboot impossible, j’aurai passé tout le temps nécessaire pour changer la carte SIM de téléphone à faire quelque chose de plus productif… Merci beaucoup BQ pour le temps que tu m’a fait perdre!

La faute aux clients, un peu…

La proportion de gens qui te parlent de progrès technologique quand en réalité, on fait de la merde sous couvert d’innovation, qu’on vire ce qui fonctionne pour le remplacer par des gadgets… parfois je me demande si les gens réfléchissent, et si la faute était au fanboyism ambiant dès qu’il s’agit de grosses boites à la con, type cr-apple, samsung, micro$oft… ?
Il y a une espèce de religion dans le milieu technophile qui consiste à classer toute critique de “troll” ou de “frustration”, réclamer le respect des utilisateurs, et des produits de qualité est limite mal vu, tellement les gens sont c***.
S’il y avait un boycotte de masse dès qu’une boite fait de la merde, ça ne se généraliserai pas au point de laisser peu de choix, voire aucune alternative (d’ici quelques années… )

La fautes aux ingénieurs du dimanche, à tendance marketteux, beaucoup…

Merde, il faut quand même pas un bac + 15 en informatique avec une spécialisation hardware design pour comprendre à quel point le 100% touchscreen, et les batteries inamovibles c’est des idées de merde… sauf quand le but est de promouvoir l’obsolescence programmée, en rendant plus difficile, donc moins fréquent le fait de remplacer la batterie soit même quand la batterie est HS et que le reste fonctionne encore… De plus les plantages plus fréquents que sur les anciens téléphones, dûs à des systèmes qui sont à la fois plus complexes et plus négligés en terme de stabilité (mais aussi de sécurité, mais c’est un autre débat… ), sans possibilité de forcer le redémarrage contribue à l’usure de la batterie car l’écran reste allumé en permanence tant que l’OS est planté, et il donc consomme plus de batterie sur un appareil qui devient temporairement inutilisable, or les cycles recharge/décharge de la batterie ne sont pas infinies… à chaque plantage total, on perde un cycle (ou presque, selon l’état de la batterie au moment du plantage).

PS : Si vous bossez pour un fabricant d’ordiphones (ou autre appareil électronique) et que vous approuvez ce genre de pratiques puantes, allez vous pendre avec une corde à piano, ou tirez vous dessus au fusil en visant bien la pastèque censée contenir le reste de ce qui vous sert de cerveau, vous rendrez service à l’espèce humaine…

(1) Certes, le système est encore en cours de développement et plante totalement assez rarement, mais ce n’est pas négligeable et il faudra que les devs y remédient rapidement… puis que le système en lui même ne plante pas tous les jours, ne justifient en rien les tares au niveau matériel, mentionné dans cet article…

(2) 2€ la carte SIM, appel en illimité vers les mobiles utilisant une SIM du CCC et les DECT enregistrés sur le réseau CCCAMP, sur un réseau GSM privé (interne à l’événement) et open source.

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